
L’un des nombreux tatouages recueillis par le professeur Lacassagne, dès 1881,
sur le corps d’hommes emprisonnés
“Ils n’ont rien laissé ; ni carnet, ni lettre. Ils sont aujourd’hui morts, enterrés dans la fausse commune du temps, oubliés. Ils furent maréchaux-ferrant, tonneliers, agriculteurs, limonadiers… L’histoire n’en conserve qu’une trace collective. Pour leurs contemporains, ils n’avaient d’existence que dans l’épaisseur de leur corps ; pour nous, ils appartiennent à ces ombres anonymes qui n’existent qu’au pluriel. Leurs histoires, ils les ont emportées avec eux, ayant pourtant pris soin de les écrire. Sur l’avant-bras, le torse, sur l’omoplate ou la cuisse, ils ont inscrit une date, un prénom, des initiales, un visage, un emblème, le nom d’une ville, d’un bateau. Autobiographes devant l’éphémère, ils ont immortalisé les instants singuliers de leur vie : un apprentissage dans un atelier, un amour perdu, une bataille gagnée, un pélerinage effectué. Corps-carnets, ils sont les hommes tatoués.
La machine à tatouer électrique n’avait pas encore vu le jour - elle fut brevetée par Samuel O’Reilly en 1891 -, le tatouage n’était pas devenu la pratique commerciale qu’il est aujourd’hui. Au fond d’un atelier, dans un recoin d’escalier, on se faisait tatouer par un camarade, on se tatouait soi-même avec les moyens du bord et ses modestes talents, le plus souvent à l’abri du regard des autres. Le tatouage est encore dans le crépuscule du XIXème siècle une écriture de soi, qui s’inscrit certes pour certains dans des pratiques collectives ritualisées, mais qui est, pour celui qui ne maîtrise pas l’écriture, l’unique récit possible. C’est à cette époque la forme archaïque, le degrè zéro de l’autobiographie.” (…)
Philippe Artières (avant-propos, extrait)
A fleur de peau
Médecins, tatouages et tatoués 1880-1910
Édition établie et présentée par Philippe Artières, Éditions ALLIA
Marc Riboud Photographe
Clémence, 1992
” … Il y a différentes façons de voir. J’ai la mienne. Pour moi, regarder et photographier une scène de rue ou un paysage de brume est un peu comme écouter de la musique. Cela m’aide à vivre. Après cinquante ans, ai-je changé ma façon de voir ? Je ne le crois pas. On change rarement. Je photographie des choses différentes de la même façon. Quand on me demande quelle est ma meilleure photo, je réponds : J’espère la faire demain, et j’essaierai de changer ma façon de voir. En vain. Les jeunes photographes innovent, je les admire.
Mon obsession : photographier le plus intensément possible la vie la plus intense. C’est une manie, un virus aussi fort pour moi que le réflexe d’indépendance. Et si le goût de la vie diminue, les photos pâlissent parce que photographier, c’est savourer la vie au 1/125 de seconde.”
Pour moi, la photographie n’est pas un processus intellectuel, c’est un processus visuel. L’œil est fait pour voir et non pas pour penser. J’aime la définition que Walker Evans donne du photographe : un joyeux sensuel parce que l’œil manipule les sens et non les idées. Ce que je cherche est dans la vie, dans la réalité. La création pure, je n’y crois pas trop. ”
Marc Riboud
un peu + Marc Riboud, website
Stefanie Schneider
Exxon, 1999
“ … L’Allemagne n’a tout simplement pas le ”look” d’un film comme moi je l’imagine. Par contre, la Californie, et notamment le désert californien, oui. (…) Finalement, tout prend sens dans la réciprocité des films, des souvenirs, des expériences personnels… ”
” Les stéréotypes du cinéma américain se trouvent en Californie dans la rue. Banquiers, acteurs, agents, avocats, shérifs, agents de la CIA. (…) Souvent on se dit que les scénaristes ne sont finalement pas si créatifs. Ils décrivent simplement ce qui existe déjà. Ou est-ce que le comportement des gens est calqué sur celui des personnages de cinéma ? “
Stefanie Schneider, e-mail 2002.
Stefanie Schneider
Henry watching athena dance (stay), 2006
Françoise Huguier
Cuisine communautaire, St Pétersbourg
“Je n’aime pas les ciels bleus, voyez-vous… ”
Françoise Huguier
Témoin de l’histoire et du présent bien vivant, Kommunalka de Françoise Huguier… des photographies et un film, pour des vies mêlées, une cohabitation subie par la pauvreté et la pénurie, dans des appartements communautaires de la vieille russie.
Kommunalka, Françoise Huguier, éditions Actes sud, 2008
Kommunalka, Françoise Huguier, film fiction/documentaire sorti le 24 juin 2009
un peu +
* Jean-Paul Sartre, huis clos, 1943-1944

Sophie Hunger, … une petite robe sombre et bleue parsemée de pois blancs, un français charmant teinté d’un accent suisse-allemand, une voix, claire, précise et dix doigts qui l’accompagnent et qui glissent, sur les cordes tendues de sa guitare complice.
La découvrir sur scène, … c’est 90 minutes de grâce et d’enchantement.
un peu +
Suite et fin d’un article précédent, pour les connaisseurs avertis et les amateurs curieux ; vous pouvez retrouver dès aujourd’hui et dans sa totalité, l’une des rares interviews du musicien et deejay Ricardo Villalobos diffusée récemment sur Arte, dans le doc. 24h Berlin.
VIDÉO
(fragmentée en 5 parties)
Henry Cartier-Bresson
New York downtown, 1947
Spéciale dédicace pour Cathy… :).
Une photographie que j’aime particulièrement d’un New York silencieux fixé par Cartier-Bresson
Léon Herschtritt - Henry Cartier-Bresson - Raymond Depardon
Berlin, le mur, 1961 - 1962 - 1989
Autour d’un verre, 2008, photographie par miss velvet.
PHOTO 
Photographie miss velvet
Sur la scène sombre et silencieuse, les silhouettes des lampadaires, un violoncelle solitaire, des gratte-ciel en bristol, des câbles anarchiques, un assemblage de machines.
La foule.
Elle est dense et bruyante.
Elle s’impatiente.
Un chapeau de feutre.
Une flûte traversière, l’énergie du Hip-Hop, le velour d’une voix féminine, des archives, des projections, des éclairages, parfois en noir, parfois en blanc, des ombres acidulées, des ombres colorées.
PHOTOS
Concert de Wax Tailor à l’Antipode, Rennes, le 06 novembre 2009.
A suivre et bientôt, une vidéo.
Floriane de Lassée
Pekin (2008) - New York (2004-2007)
Un peu + Floriane de Lassée website
Helmut Newton
X-Ray, Vogue France, 1994