Ma première photographie (1997), hasard d’un instant volé et fixé n’était pas destinée aux regards anonymes, à l’impudeur de l’exposition publique.
Un souvenir intime qui m’imposa lors de son transfert sur le support papier, la nécessité de masquer et de voiler les images négatives encore incrustées dans la gélatine.
La douceur des prises de vue s’oppose aux contrastes forts du noir et du blanc de l’image blessée et marquée comme au fer chaud dans le support papier. Les traces, cicatrices et accidents du voile sont autant de déchirures physiques et mentales. Illustrations des malaises et des angoisses de l’être et de sa chair.
L’ami choisi est devenu image et récit. Cloisonné, « emprisonné » et caché, comme pour ne pas être partagé. La trame textile l’isole, mais paradoxalement met sa présence en lumière.

